Les entreprises sont-elles sujettes à trop de règles de conformité ?


Voici un article de Sean J. Griffith, professeur de droit à la Fordham Law School, paru sur le forum du Harvard Law School qui montre toute l’importance que revêt aujourd’hui la gouvernance de « conformité ».

Bien entendu, le rôle des autorités réglementaires, ainsi que les nombreuses législations affectant la gouvernance des entreprises, sont des facteurs contribuant à l’accroissement du fardeau de la conformité.

On peut difficilement imaginer que les pressions à la conformité iront en diminuant. Les entreprises s’adaptent donc aux nouvelles exigences en créant de nouveaux départements dirigés par des chefs de la conformité (Chief Compliance Officer). L’article analyse les effets positifs et négatifs de ce virage.

En ce qui me concerne, je pense que l’on doit faire de grands efforts pour simplifier la gestion de conformité, car il me semble que celle-ci prend une place beaucoup trop importante.

Bonne lecture !

Corporate Governance in an Era of Compliance

 

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Much of what scholars and practitioners think of as core corporate governance—the oversight and control of internal corporate affairs— is now being subsumed by “compliance.” Although compliance with law and regulation is not a new idea, the establishment of an autonomous department within firms to detect and deter violations of law and policy is. American corporations are at the dawn of a new era: the era of compliance.

Over the past decade, compliance has blossomed into a thriving industry, and the compliance department has emerged, in many firms, as the co-equal of the legal department. Compliance is commonly headed by a Chief Compliance Officer (CCO) with a staff, in large firms, of hundreds or thousands. Moreover, although the CCO reports to the board, compliance is not wholly subordinate to the board. Boards cannot neglect the compliance function or choose not to install and maintain the function on par with industry peers. Furthermore, once compliance officers generate information through monitoring and surveillance, it is beyond a reasonable board’s authority to stop them. Compliance is thus under the board, but its authority comes from somewhere else.

Unlike other governance structures, the origins of compliance are exogenous to the firm. The impetus for compliance does not come from a traditional corporate constituency. It does not come from shareholders, managers, employees, creditors, or customers. It comes from the government. Compliance is a de facto government mandate imposed upon firms by means of ex ante incentives, ex post enforcement tactics, and formal signaling efforts. Moreover, in imposing compliance on firms, the government is not simply making rules that firms must follow, as it does when it passes new laws and regulations, nor is it adjusting its traditional tools—the amount of enforcement and the size of sanctions—to assure compliance with existing law and regulation. Instead, through compliance, the government dictates how firms must comply, imposing specific governance structures expressly designed to change how the firm conducts its business.

At the level of theory, the contemporary compliance function subverts the notion that corporate governance arrangements both are and ought to be the product of a bargain between shareholders and managers. Compliance rewrites Ronald Coase’s famous passage on the internal organization of firms. Compliance officers come into an organization not necessarily (or not entirely) at the behest of an “entrepreneur-co-ordinator, who directs production,” but rather pursuant to the directive of a government enforcer. Seen through the prism of compliance, the corporation no longer resembles a nexus of contracts but rather a real entity, subject to punishment and rehabilitation at the pleasure of a sovereign. Compliance thus rejects mainstream accounts of the firm in favor of a much older theoretical account.

Moreover, because government interventions in compliance come not through the traditional levers of state corporate or federal securities law, but rather through prosecutions and regulatory enforcement actions, a different set of interests and incentives are at play. Compliance questions arise over what purpose or purposes the firm should serve and revives the “other constituencies” debate. Compliance also raises the question whether the authorities pressing for corporate reforms have the right incentives and the right information to do so. If they do not, the development of compliance may merely result in the imposition of inefficient governance structures on firms.

My article, Corporate Governance in an Era of Compliance, recently published in the William & Mary Law Review, aims to provide a comprehensive account of the compliance function and the various ways in which it challenges corporate law orthodoxy. It launches compliance as a field of inquiry for scholars of corporate law and corporate governance by pairing a thorough descriptive account of the contemporary compliance function with a normative account of the ways in which compliance challenges settled theories of the firm and upsets the political economy of corporate governance.

Compliance begs foundational questions of what the firm is and who the author of corporate governance arrangements ought to be. There is a way out of these uncomfortable questions—by limiting the government’s ability to impose compliance reforms through enforcement or by mandating disclosure of firms’ compliance arrangements—but we may not want to set these issues aside so quickly. The fundamental goal of the Article is thus to start the scholarly conversation on compliance and corporate governance, to raise the issues and problems posed by the contemporary compliance function without necessarily solving them. The Article therefore seeks to provoke scholarly debate and provide a framework for prosecutors, policymakers, and scholars of corporate law and corporate governance to engage the question of compliance.

The full article is available here.

Auteur : Gouvernance des entreprises | Jacques Grisé

Ce blogue fait l’inventaire des documents les plus pertinents et récents en gouvernance des entreprises. La sélection des billets, « posts », est le résultat d’une veille assidue des articles de revue, des blogues et sites web dans le domaine de la gouvernance, des publications scientifiques et professionnelles, des études et autres rapports portant sur la gouvernance des sociétés, au Canada et dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Europe, et en Australie. Chaque jour, je fais un choix parmi l’ensemble des publications récentes et pertinentes et je commente brièvement la publication. L’objectif de ce blogue est d’être la référence en matière de documentation en gouvernance dans le monde francophone, en fournissant au lecteur une mine de renseignements récents (les billets quotidiens) ainsi qu’un outil de recherche simple et facile à utiliser pour répertorier les publications en fonction des catégories les plus pertinentes. Jacques Grisé est professeur titulaire retraité (associé) du département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. Il est détenteur d’un Ph.D. de la Ivy Business School (University of Western Ontario), d’une Licence spécialisée en administration des entreprises (Université de Louvain en Belgique) et d’un B.Sc.Comm. (HEC, Montréal). En 1993, il a effectué des études post-doctorales à l’University of South Carolina, Columbia, S.C. dans le cadre du Faculty Development in International Business Program. Il a été directeur des programmes de formation en gouvernance du Collège des administrateurs de sociétés (CAS) de 2006 à 2012. Il est maintenant collaborateur spécial au CAS. Il a été président de l’ordre des administrateurs agréés du Québec de 2015 à 2017. Jacques Grisé a été activement impliqué dans diverses organisations et a été membre de plusieurs comités et conseils d'administration reliés à ses fonctions : Professeur de management de l'Université Laval (depuis 1968), Directeur du département de management (13 ans), Directeur d'ensemble des programmes de premier cycle en administration (6 ans), Maire de la Municipalité de Ste-Pétronille, I.O. (1993-2009), Préfet adjoint de la MRC l’Île d’Orléans (1996-2009). Il est présentement impliqué dans les organismes suivants : membre de l'Ordre des administrateurs agréés du Québec (OAAQ), membre du Comité des Prix et Distinctions de l'Université Laval. Il préside les organisations suivantes : Société Musique de chambre à Ste-Pétronille Inc. (depuis 1989), Groupe Sommet Inc. (depuis 1986), Coopérative de solidarité de Services à domicile Orléans (depuis 2019) Jacques Grisé possède également une expérience de 3 ans en gestion internationale, ayant agi comme directeur de projet en Algérie et aux Philippines de 1977-1980 (dans le cadre d'un congé sans solde de l'Université Laval). Il est le Lauréat 2007 du Prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) et Fellow Adm.A. En 2012, il reçoit la distinction Hommage aux Bâtisseurs du CAS. En 2019, il reçoit la médaille de l’assemblée nationale. Spécialités : Le professeur Grisé est l'auteur d’une soixantaine d’articles à caractère scientifique ou professionnel. Ses intérêts de recherche touchent principalement la gouvernance des sociétés, les comportements dans les organisations, la gestion des ressources humaines, les stratégies de changement organisationnel, le processus de consultation, le design organisationnel, la gestion de programmes de formation, notamment ceux destinés à des hauts dirigeants et à des membres de conseil d'administration.

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