Briefing Gouvernance et IA — 28 juillet 2026


Briefing Gouvernance et IA — 28 juillet 2026

1. Gouverner l’IA comme un portefeuille stratégique, et non comme une collection d’expériences

Une analyse publiée le 27 juillet propose cinq disciplines concrètes aux conseils : gérer les initiatives d’IA comme un portefeuille d’investissements, distinguer la gouvernance technique des modèles de l’imputabilité décisionnelle, surveiller les fournisseurs, proportionner les contrôles au niveau de risque et mesurer la valeur créée. Elle rapporte également que 71 % des dirigeants et administrateurs interrogés privilégient la surveillance stratégique des risques et la planification par scénarios.

Principaux enjeux : multiplication des projets pilotes, responsabilités diffuses, dépendance technologique et difficulté à démontrer un rendement réel.

Pourquoi cela importe : le CA devrait recevoir un tableau consolidé indiquant, pour chaque usage important, sa finalité, son responsable, son niveau de risque, son coût et les résultats obtenus. L’innovation sans inventaire finit parfois par ressembler à un grenier bien rempli.

https://images.openai.com/static-rsc-4/TiG1oLVLGm9EKN0wTpJzpcBp8rMVj4lUYsfsE3hSWBpD8dwj8kO_GWWDD3-fGhtfhBtI3CaNMcupLIBoTr6JS35BMa8PrNY6hzyFH04x3MqG8slah1hthzZXfB8pzF252-J7Wvg_j2RQsSUAFP1Iss_BgayTK5-u436Gg-N9LJID9xz9i7t9jkwCHCWwKUvk?purpose=fullsize


2. OpenAI renforce son conseil avec deux administrateurs issus des services financiers

OpenAI a annoncé l’arrivée de David Vélez, fondateur et chef de la direction de Nubank, et de Robin Vince, chef de la direction de BNY, comme administrateurs indépendants. Robin Vince intégrera aussi le comité d’audit. Ces nominations interviennent alors que l’entreprise se prépare possiblement à une introduction en Bourse et demeure scrutée quant à sa structure, ses conflits potentiels et sa reddition de comptes.

Principaux enjeux : indépendance du conseil, compétence financière, contrôle interne, surveillance de la croissance et articulation entre mission d’intérêt public et impératifs commerciaux.

Pourquoi cela importe : la composition d’un conseil doit évoluer avec le profil de risque de l’organisation. Lorsqu’une technologie devient une infrastructure économique majeure, l’expertise scientifique ne suffit plus : audit, finance, réglementation et gestion des parties prenantes doivent entrer dans la salle.


3. Ottawa consulte sur une transparence accrue des systèmes d’IA

Le gouvernement canadien a lancé une démarche visant à renforcer la confiance par une meilleure transparence. Les pistes portent notamment sur l’information à communiquer au sujet des systèmes, des contenus générés et de leur utilisation. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie fédérale IA pour tous, annoncée le 4 juin, qui associe adoption de l’IA, protection des Canadiens et sauvegarde de la démocratie.

Principaux enjeux : divulgation de l’utilisation de l’IA, identification des contenus synthétiques, intelligibilité des décisions et équilibre entre transparence, sécurité et secrets commerciaux.

Pourquoi cela importe : les organisations canadiennes devraient anticiper ces attentes plutôt que d’attendre une obligation formelle. Une politique crédible devrait préciser quand l’usage de l’IA est signalé, quelles explications sont fournies et comment une personne peut contester une décision automatisée.


4. Les entreprises formalisent leur gouvernance de l’IA, mais négligent encore certains impacts

Une étude du Conference Board publiée le 15 juillet, fondée sur une enquête auprès de 130 responsables de la gouvernance, de la durabilité et de la citoyenneté d’entreprise, constate que les mécanismes de surveillance de l’IA deviennent plus structurés. Leur mise en œuvre demeure toutefois inégale, particulièrement pour les conséquences sur la main-d’œuvre et l’environnement.

Principaux enjeux : gouvernance fragmentée, impacts sur l’emploi, consommation de ressources, multiplication des comités et difficulté à relier principes éthiques et contrôles opérationnels.

Pourquoi cela importe : le conseil doit élargir son regard au-delà de la confidentialité et de la cybersécurité. Il devrait aussi suivre les compétences transformées, les emplois redessinés, l’acceptabilité auprès du personnel et l’empreinte environnementale des systèmes utilisés.


5. Reuters pose une question de gouvernance fondamentale : qui finance l’information absorbée par l’IA?

Le 23 juillet, la rédactrice en chef de Reuters, Alessandra Galloni, a affirmé que l’IA peut améliorer considérablement le travail journalistique, mais qu’elle menace aussi l’économie de l’information lorsqu’elle exploite des contenus sans consentement, attribution ou rémunération. Reuters utilise déjà l’IA pour accélérer certains processus, tout en maintenant une supervision éditoriale humaine stricte.

Principaux enjeux : propriété intellectuelle, rémunération des créateurs, fiabilité des données, attribution des sources et maintien d’un écosystème informationnel indépendant.

Pourquoi cela importe : toute organisation qui utilise des modèles génératifs devrait examiner la provenance de leurs données et les conditions contractuelles des fournisseurs. Pour les conseils, il s’agit à la fois d’un risque juridique et d’un enjeu de responsabilité sociale : une IA bien nourrie suppose que quelqu’un continue à produire une information digne de confiance.

Priorité à inscrire à l’ordre du jour

Avons-nous une vue consolidée de nos systèmes d’IA, de leurs fournisseurs, de leurs responsables humains, de leur valeur mesurable et des décisions qu’ils peuvent influencer ou exécuter?

Lecture du jour : la tendance commune aux cinq sujets est claire. La gouvernance de l’IA quitte progressivement le domaine des grands principes pour entrer dans celui, moins spectaculaire mais plus décisif, des responsabilités, des contrôles, des indicateurs et des preuves.

Avatar de Inconnu

Auteur : Gouvernance des entreprises | Jacques Grisé

Ce blogue fait l’inventaire des documents les plus pertinents et récents en gouvernance des entreprises. La sélection des billets, « posts », est le résultat d’une veille assidue des articles de revue, des blogues et sites web dans le domaine de la gouvernance, des publications scientifiques et professionnelles, des études et autres rapports portant sur la gouvernance des sociétés, au Canada et dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Europe, et en Australie. Chaque jour, je fais un choix parmi l’ensemble des publications récentes et pertinentes et je commente brièvement la publication. L’objectif de ce blogue est d’être la référence en matière de documentation en gouvernance dans le monde francophone, en fournissant au lecteur une mine de renseignements récents (les billets quotidiens) ainsi qu’un outil de recherche simple et facile à utiliser pour répertorier les publications en fonction des catégories les plus pertinentes. Jacques Grisé est professeur titulaire retraité (associé) du département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. Il est détenteur d’un Ph.D. de la Ivy Business School (University of Western Ontario), d’une Licence spécialisée en administration des entreprises (Université de Louvain en Belgique) et d’un B.Sc.Comm. (HEC, Montréal). En 1993, il a effectué des études post-doctorales à l’University of South Carolina, Columbia, S.C. dans le cadre du Faculty Development in International Business Program. Il a été directeur des programmes de formation en gouvernance du Collège des administrateurs de sociétés (CAS) de 2006 à 2012. Il est maintenant collaborateur spécial au CAS. Il a été président de l’ordre des administrateurs agréés du Québec de 2015 à 2017. Jacques Grisé a été activement impliqué dans diverses organisations et a été membre de plusieurs comités et conseils d'administration reliés à ses fonctions : Professeur de management de l'Université Laval (depuis 1968), Directeur du département de management (13 ans), Directeur d'ensemble des programmes de premier cycle en administration (6 ans), Maire de la Municipalité de Ste-Pétronille, I.O. (1993-2009), Préfet adjoint de la MRC l’Île d’Orléans (1996-2009). Il est présentement impliqué dans les organismes suivants : membre de l'Ordre des administrateurs agréés du Québec (OAAQ), membre du Comité des Prix et Distinctions de l'Université Laval. Il préside les organisations suivantes : Société Musique de chambre à Ste-Pétronille Inc. (depuis 1989), Groupe Sommet Inc. (depuis 1986), Coopérative de solidarité de Services à domicile Orléans (depuis 2019) Jacques Grisé possède également une expérience de 3 ans en gestion internationale, ayant agi comme directeur de projet en Algérie et aux Philippines de 1977-1980 (dans le cadre d'un congé sans solde de l'Université Laval). Il est le Lauréat 2007 du Prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) et Fellow Adm.A. En 2012, il reçoit la distinction Hommage aux Bâtisseurs du CAS. En 2019, il reçoit la médaille de l’assemblée nationale. Spécialités : Le professeur Grisé est l'auteur d’une soixantaine d’articles à caractère scientifique ou professionnel. Ses intérêts de recherche touchent principalement la gouvernance des sociétés, les comportements dans les organisations, la gestion des ressources humaines, les stratégies de changement organisationnel, le processus de consultation, le design organisationnel, la gestion de programmes de formation, notamment ceux destinés à des hauts dirigeants et à des membres de conseil d'administration.

Qu'en pensez-vous ?

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.