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L’urgence est un choix | Le propos de René Villemure

19 juin 2013

Poursuivant notre habitude de collaboration avec des experts avisés en matière de gouvernance et d’éthique, nous avons demandé, en ce début d’été, à René Villemure* d’agir à titre d’auteur invité et de poser un regard philosophique sur l’urgence, une réalité avec laquelle tout administrateur et tout gestionnaire est confronté.

Lorsque l’on répond à des impératifs de court terme, nous opérons souvent en mode urgence. Un administrateur ne doit céder à la tentation de réagir trop promptement parce que la direction perçoit une situation d’urgence. Les administrateurs doivent prendre le recul nécessaire et réfléchir aux conséquences à long terme des décisions.

Voici donc la réflexion que nous propose René. Vous pouvez visiter son site à www.ethique.net pour mieux connaître ses intérêts.

Vos commentaires sont appréciés. Bonne lecture.

par René Villemure*

L’urgence est un choix

À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence on finit par oublier l’urgence de l’essentiel

– Edgar Morin

« Certaines choses dépendent de nous, d’autres, non », disait Épictète, tout en nous invitant à acquérir la sagesse qui permettait de reconnaître ces situations, d’agir sur la première catégorie et de tenter d’influencer la seconde.  Vouloir tout contrôler est aussi inutile que de tenter de poursuivre le vent.

Néanmoins, penser est plus difficile que ne pas penser.  En plus, penser exige du temps et, du temps, tous disent qu’ils n’en ont pas ou qu’ils n’en ont plus.

« Tout est urgent », « tout doit être fait maintenant », entend-on. Qu’est-ce que l’urgence si ce n’est qu’une caractéristique qu’une personne choisit de donner à un évènement ?

Oui. L’urgence est un choix, voire, une question de perception ou d’opinion.  Sachez-le.

En termes astronomiques, rien n’est urgent.  La lumière d’une étoile met en moyenne quarante-deux ans à arriver sur Terre, la Terre tourne sur elle-même aux vingt-quatre heures.

Rien n’est urgent.

Regardez rétrospectivement les évènements que vous avez vous-même qualifiés d’urgents.  En définitive, peu l’étaient. Vous n’étiez que pris dans le tourbillon du moment, étourdis, ne sachant plus discerner ce qui était important de ce qui ne l’était pas.  Cette distinction avait été remplacée par celle d’urgence…

Soyons honnêtes, peu d’évènements sont urgents.  Certains sont, par contre, « importants ».

L’urgence perçue empêche de reconnaître les évènements importants: tout est important dans l’urgence.

L’urgence perçue empêche de penser, de réfléchir.

L’urgence perçue nous fait sentir importants, parce que nous pouvons répondre à des urgences…transférant ici la caractéristique « important » de l’évènement à nous-mêmes.

C’est pourquoi nous aimons l’urgence; c’est la raison pour laquelle nous nous soumettons docilement à sa tyrannie parce que, ce faisant, nous avons l’air important et, de nos jours, nous le savons, plusieurs préfèrent « avoir l’air » à « être ». Je forme donc le vœu que nous choisissons d’être au lieu d’avoir l’air d’être.

Penser est plus difficile que ne pas penser, certes, mais même si nous préférons ne pas y penser, il faudra bien y penser à un moment donné…

* * *

Quiconque pense fait penser

– Voltaire

___________________________________

* René Villemure est Éthicien et Chasseur de tendances. Il a fondé l’Institut québécois d’éthique appliquée en 1998 et Éthikos en 2003. Il a été le premier éthicien au Canada à s’intéresser à la gestion éthique des organisations à l’époque où personne ne connaissait les termes «gouvernance», «responsabilité sociétale des entreprises», «développement durable» et «gestion éthique». Il croyait que ces sujets étaient cruciaux, fondamentaux, incontournables, et ne devaient pas demeurer dans l’ombre ou le privilège de quelques experts et éthiciens d’occasion.

Le cœur de la démarche de René Villemure est de mettre de l’avant et de rendre accessibles les questions d’éthique. Cette démarche a pris son envol en 1998 avec la création de l’Institut québécois d’éthique appliquée et est portée depuis 2003 par Éthikos pour le volet international. En effet, il a réalisé plus d’une quarantaine de diagnostics éthiques, a rédigé autant d’énoncés de Mission et de Guides de valeurs pour ses clients. Au cours de la même période, il a formé plus de 40 000 personnes en éthique dans plus de 400 organisations en Amérique, en Europe et en Afrique.

www.ethique.net

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