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L’éthique attendue et l’éthique réfléchie | Un billet de René Villemure

6 février 2017

Aujourd’hui, je poursuis notre habitude de collaboration avec des experts avisés en matière de gouvernance et d’éthique.

Ainsi, je partage avec vous un excellent billet de René Villemure* publié le 6 février 2017.

L’article nous invite à ne pas repousser notre réflexion sur l’éthique à demain. Il convient donc de se doter d’objectifs en matière d’éthique pour 2017.

Voici donc la réflexion que nous propose René. Vous pouvez visiter son site à www.ethique.net pour mieux connaître ses intérêts.

Vos commentaires sont appréciés. Bonne lecture.

L’éthique attendue et l’éthique réfléchie

 

Conférence de René Villemure au Club Premier de Bell Helicopter

Conférence de René Villemure au Club Premier de Bell Helicopter

 

Le temps est une fraction de la durée, un moment entre deux autres moments.

La chenille ne peut se transformer en papillon plus rapidement parce qu’on lui crie de le faire plus vite.  La Nature a son propre rythme;  elle prend quelques semaines pour faire un papillon, toute une vie pour faire un adulte, et encore, disait Malraux….

Malheureusement, depuis quelques années, on tente d’aller toujours plus vite, on tente de réduire à presque rien ce moment entre deux moments ; avec la vitesse, nous  sommes passés du temps réel à l’instantané, cette imitation du temps, croyant ne rien perdre ce faisant.

Pourtant, réagissant dans l’instant plutôt qu’agir dans le temps, on oublie qu’il faut du temps pour se faire une tête, qu’il faut plus de temps pour lire un livre que pour consulter un résumé sur Internet, qu’il faut également du temps pour se cultiver, pour se faire une opinion, pour être en mesure de penser par soi-même ou pour créer. Rien de valable ou de durable ne se fait dans l’instant.

En conséquence, ayant décidé par avance que nous n’avions plus le temps, on évacue la réflexion et on tente de créer du nouveau en copiant du vieux, croyant ainsi faire illusion.

Choisissant trop souvent de ne pas prendre le temps nécessaire à la réflexion, face à un problème éthique on cherche une norme ou une règle sur un site web, on va voir ce que d’autres ont fait, on va voir ce que nos compétiteurs ont comme valeurs en termes d’éthique, on copie et on colle. Voilà ! Travail terminé. Réflexion, zéro. Niveau éthique de la décision ? On ne sait pas, on espère…

C’est ce que l’on appelle l’éthique prétendue, celle qui est constituée de généralités souvent pensées par un grand cabinet de consulting spécialisé en tout, pour une autre entreprise que la vôtre, dans un contexte qui n’est pas le vôtre. L’éthique prétendue n’est qu’une recette.

En 2017, sur le plan de l’éthique, au lieu de réfléchir et de créer on est encore à copier ou à emprunter sur le web des éléments d’éthique. L’expérience nous a enseigné que peu d’organisations choisissent de faire une réflexion critique ou éclairée sur l’éthique, sur les valeurs ou sur les outils éthiques dont elles ont réellement besoin et qui sont adaptés à leur culture et leur contexte d’affaires. Quelle en est la raison ? Simple : les décideurs ne réalisent pas le potentiel que recèle l’éthique. Ils ne voient celle-ci que comme une contrainte.

Il faut arrêter de prétendre que l’on a réfléchi en empruntant du contenu éthique sur le web ou en appliquant une recette toute faite ; ces actions ne sont que poudre aux yeux.

L’éthique réfléchie est celle qui permet à l’entreprise de naviguer à travers les mers déchaînées des conflits d’intérêts ou des traditionnelles fautes éthiques, générant à terme un capital de confiance qui consolide sa réputation. À l’heure actuelle, les dirigeants visionnaires s’appuient sur l’éthique réfléchie en tant qu’élément central à la stratégie de leur entreprise, un élément qui permettra à leur entreprise de durer, de dépasser ses compétiteurs en évitant les pièges de la non-éthique.

Les dirigeants visionnaires misent sur l’éthique réfléchie, qui est adaptée à la culture et au contexte de leur entreprise ils en font un avantage stratégique et distinctif. Au même moment, l’éthique prétendue fait croire à une gestion éthique et tente de panser les blessures prévisibles encourues par le manque de réflexion éthique.

L’éthique prétendue est celle de la vitrine alors que l’éthique réfléchie est celle de l’éthique dans les circonstances.

La distinction entre les deux est immense : c’est la différence  entre la conformité de façade et la justesse, entre avoir l’air d’être éthique et l’être.

Si vous n’êtes pas certain de tout comprendre, rappelez-vous Volkswagen, qui avait pourtant paraphé toutes les ententes de conformité attendues tout en évitant la sincérité éthique.

Reporter la réflexion sur l’éthique à demain, c’est encourir sa perte à petit feu dès aujourd’hui. IL convient de réfléchir avant d’agir.

Quels seront vos objectifs en éthique pour 2017?


*RENÉ VILLEMURE EST ÉTHICIEN ET CHASSEUR DE TENDANCES. IL A FONDÉ L’INSTITUT QUÉBÉCOIS D’ÉTHIQUE APPLIQUÉE EN 1998, ETHIKOS EN 2003 ET L’ÉTHIQUE POUR LE CONSEIL EN 2014.

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