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Le gouvernement résistera-t-il à la tentation partisane de la nomination d’un nouveau PDG à Hydro-Québec ?

9 février 2015

Voici un article de Michel Nadeau, ex vice-président de la Caisse de dépôt et placement et directeur général de l’Institut sur la gouvernance (IGOPP), paru dans le Devoir récemment.

L’auteur se questionne, tout comme moi d’ailleurs, sur le processus d’embauche du PDG d’Hydro-Québec et sur la tentation, très réelle, de procéder à une nomination partisane !

Le point de vue de M. Nadeau est tout à fait pertinent eu égard à gouvernance des sociétés d’État.

Ci-dessous, un extrait de l’article.

Bonne lecture. À suivre !

Règles de gouvernance à Hydro-Québec | Nomination du nouveau PDG

Photo: Hydro-Québec

Il était rafraîchissant d’entendre le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, M. Pierre Arcand, terminer mercredi matin une entrevue chez Marie-France Bazzo en déclarant : « Je vais laisser le conseil d’administration faire le travail et c’est à lui de faire des recommandations quant au successeur de M. Vandal. » Photo: Hydro-Québec

La tentation est toujours très forte dans les cabinets politiques à Québec de passer outre les normes de bonne gouvernance et de sortir un p.-d.g. d’un chapeau partisan. Tout individu a droit à ses convictions politiques, mais l’essentiel est qu’il remplisse les critères de compétence et de crédibilité selon le mandat. À ce chapitre, le premier ministre, M. Philippe Couillard, n’a pas fait vivre un grand moment de gouvernance au Québec en confiant récemment la présidence du conseil d’administration et du comité de gouvernance d’Hydro-Québec à une personne qui n’a aucune expérience dans la gestion du CA d’une grande organisation. Cela étant dit, il faut maintenant faire confiance à M. Michael Penner.

Comme l’indique l’article 11.6 de sa Loi, le conseil d’administration a déjà établi le profil de compétence et d’expérience du candidat recherché….

Le ministre l’a dit : ce n’est pas un choix politique. Le comité des ressources humaines devra trouver le meilleur candidat en interne ou à l’externe sans se gêner pour regarder à l’international. Le CA, qui compte une bonne moitié de gens expérimentés, peut relever ce défi. Les administrateurs pourraient se précipiter sur le bottin de l’Ordre des ingénieurs en cherchant un dirigeant intègre et honnête. Malgré le flou accusateur des audiences de la commission Charbonneau, ce profil peut encore se trouver. Mais rappelons-nous que le marché de l’énergie a beaucoup changé et que l’époque de la construction de grands barrages dans les milliards de dollars et les régions lointaines est, pour le moment, chose du passé. Au cours des prochaines années, la priorité sera davantage la gestion serrée des actifs actuels de 73 milliards et un contrôle rigoureux de l’utilisation des revenus de 13 milliards. Les usagers veulent des gestionnaires intelligents… Pas juste des compteurs !

Cette nomination sera un indicateur du sérieux de ce gouvernement dans la gouvernance et la gestion du plus important outil de développement économique et industriel du Québec.

2 commentaires
  1. France Dyèvre, Mba permalink

    Oserais-je vous dire à quel point cette décision est complexe. J’ai démarré ma carrière à Hydro-Québec comme chargée de projet en Environnement à une époque où Hydro était dirigée par des commissaires. J’ai par la suite évolué vers la direction planification-génie où j’étais responsable des prévisions de la demande énergétique. Grâce aux encouragements de Joseph Bourbeau je me suis occupée du lancement du livre de Robert Bourassa sur la Baie James (1000 participants !) et suis devenue Directeur de la Recherche à la Chambre de commerce de Montréal (la première femme à occuper ce genre de poste)…bref je me suis occupée d’encourager la naissance du Centre de gestion des grands projets à Polytechnique etc…puis par la suite je me suis impliquée dans la gestion des relations de travail. Je pourrais vous en dire long sur le genre de gestionnaire qui serait nécessaire, à Hydro-Québec, je crois sincèrement que l’arrimage avec un nouveau style de leadership pour les années qui s’annoncent passe par un gestionnaire de transition bien connecté avec l’esprit de la maison, probablement choisi à l’interne…il faut résister à la tentation de nommer une étoile filante. N’oublions pas qu’il s’agit d’une boite d’ingénieurs, qui sont pour la plupart d’excellents techniciens !

    Il faudrait quelqu’un qui les comprenne, qui les écoute et qui les assiste dans leur travail et qui réussisse à les accompagner vers des défis qui ne seront pas nécessairement évidents mais qui pourraient vraiment redonner à cette société, bourrée de talents, une impulsion vers une grandeur qu’elle mérite…je ne sais pas pourquoi je pense à Jean-René Halde (BDC), sans doute parce qu’il réunit les qualités de leadership et de médiation qui seront sans doute nécessaires. Mais rassurez-vous c’est une opinion tout à fait personnelle !

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