Rémunérations élevées dans les entreprises qui ont un actionnaire de contrôle !


Voici une étude très intéressante conduite par  Kobi Kastiel, fellow à la Harvard Law School Program on Corporate Governance. La publication aura lieu en janvier 2015, mais le sommaire présenté ici résume bien le sens de celle-ci.

L’auteur montre que les compagnies qui ont un actionnaire de contrôle ont plus tendance à offrir des rémunérations « excessives » au premier dirigeant (PCD), qui lui, en retour, a tendance à s’entourer de dirigeants très bien payés.

L’étude explique que les actionnaires de contrôle paient plus pour s’assurer de la loyauté de la direction et maximiser les bénéfices qui leurs reviennent. L’auteur avance plusieurs autres raisons qui expliquent cette situation. 

Le phénomène est tellement répandu dans ce type de compagnie que les recommandations des firmes de conseil en votation (telles que ISS), eu égard au « Say on Pay », devraient être suivies afin de neutraliser l’effet des actionnaires dominants qui ont l’habitude d’accepter des « packages » de rétribution beaucoup trop généreux, lesquels ne sont pas dans l’intérêt de tous les actionnaires …

L’article qui paraîtra dans Indiana Law Journal aura sûrement un impact sur les motivations derrières les rémunérations jugées excessives par beaucoup d’experts en gouvernance.

Bonne lecture !

 Executive Compensation in Controlled Companies

More than a decade ago, Professors Lucian Bebchuk and Jesse Fried published the seminal work on the role and significance of managerial power theory in executive compensation. Their work cultivated a vivid debate on executive compensation in companies with dispersed ownership. The discourse on the optimality of executive pay in controlled companies, however, has been more monolithic. Conventional wisdom among corporate law theorists has long suggested that the presence of a controlling shareholder should alleviate the problem of managerial opportunism because such a controller has both the power and incentives to curb excessive executive pay.IMG_20141210_201151

My Article, Executive Compensation in Controlled Companies, forthcoming in the Indiana Law Journal, challenges that common understanding by proposing a different view that is based on an agency problem paradigm, and by presenting a comprehensive framework for understanding the relationship between concentrated ownership and executive pay. On the theoretical level, the Article shows that controlling shareholders often have incentives to overpay professional managers instead of having an arm’s-length contract with them, and therefore it suggests that compensation practices in a large number of controlled companies may have their own pathologies.

To begin with, controllers may wish to overpay managers in order to maximize their consumption of private benefits, while providing professional managers with a premium for their “loyalty” and for colluding with tunneling activities. This tendency is further aggravated by the use of control-enhancing mechanisms, such as dual-class share structures, which distort controllers’ monitoring incentives due to the wedge it creates between controllers’ cash flow rights and control rights. In addition, certain controllers, such as second generation controllers, could be “weak” due to their lack of experience, motivation or talent, and thus are more easily captured by professional CEOs. Controllers could also be biased due to their longstanding professional and social relationship with professional managers, and cannot be expected to exercise an impartial influence over the formulation of compensation contracts. This alternative view presented in the Article could also help explain recent puzzling phenomena such as the overly generous pay patterns in Viacom or other controlled companies, as well as the rise in say-on-pay rules in countries with concentrated ownership (as observed in a recent study by Thomas & Van der Elst).

On the empirical level, the Article questions conventional beliefs on executive pay by reviewing the recommendations on say-on-pay votes of Institutional Shareholder Services, Inc. (ISS), the leading and most influential proxy advisory firm in the United States. In determining whether to recommend shareholders to vote against a management say-on-pay proposal, ISS examines the company’s pay-for-performance alignment compared to peer group alignment over a sustained period, as well as the use of problematic pay practices. This, in turn, makes the ISS recommendation a useful tool for determining whether a pay package is accurately calibrated to maximize shareholder value.

The data presented in the Article, which is based on the review of ISS recommendations for say-on-pay votes at companies included in the Russell 3000 Index during the 2011 and the 2012 proxy seasons, provides an indication that the compensation packages of professional managers in controlled companies appears to be a bigger problem than initially predicted. In particular, it shows that a controlled company managed by a professional CEO has a slightly higher likelihood to receive a negative recommendation than a widely held company. This result remains substantially similar and statistically significant even when controlling for firms’ market value and industry, or when neutralizing the effect of controllers who are also the CEOs of their firms.

Finally, on the normative level, the Article shows that a U.S. style say-on-pay rule, which requires a non-binding vote by the shareholders as a whole, is unlikely to mitigate the agency problem in determining executive compensation in controlled companies. Since controlling shareholders exercise significant control over the directors’ election process, receiving a failed say-on-pay vote and facing a risk of a withhold vote recommendation for the election of certain directors is unlikely to have any effect on controllers’ ability to elect their directors. And when controllers face no sanctions for failing their say-on-pay votes, they are more likely to ignore shareholders’ concerns, and to use their voting power to approve compensation packages that are suboptimal for other shareholders. The Article, therefore, calls for a new regulatory approach: re-conceptualize the pay of professional managers in controlled companies as an indirect self-dealing transaction and subject it to the applicable rules that regulate conflicted transactions.

The full paper is available for download here.

Auteur : Gouvernance des entreprises | Jacques Grisé

Ce blogue fait l’inventaire des documents les plus pertinents et récents en gouvernance des entreprises. La sélection des billets, « posts », est le résultat d’une veille assidue des articles de revue, des blogues et sites web dans le domaine de la gouvernance, des publications scientifiques et professionnelles, des études et autres rapports portant sur la gouvernance des sociétés, au Canada et dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Europe, et en Australie. Chaque jour, je fais un choix parmi l’ensemble des publications récentes et pertinentes et je commente brièvement la publication. L’objectif de ce blogue est d’être la référence en matière de documentation en gouvernance dans le monde francophone, en fournissant au lecteur une mine de renseignements récents (les billets quotidiens) ainsi qu’un outil de recherche simple et facile à utiliser pour répertorier les publications en fonction des catégories les plus pertinentes. Jacques Grisé est professeur titulaire retraité (associé) du département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. Il est détenteur d’un Ph.D. de la Ivy Business School (University of Western Ontario), d’une Licence spécialisée en administration des entreprises (Université de Louvain en Belgique) et d’un B.Sc.Comm. (HEC, Montréal). En 1993, il a effectué des études post-doctorales à l’University of South Carolina, Columbia, S.C. dans le cadre du Faculty Development in International Business Program. Il a été directeur des programmes de formation en gouvernance du Collège des administrateurs de sociétés (CAS) de 2006 à 2012. Il est maintenant collaborateur spécial au CAS. Il a été président de l’ordre des administrateurs agréés du Québec de 2015 à 2017. Jacques Grisé a été activement impliqué dans diverses organisations et a été membre de plusieurs comités et conseils d'administration reliés à ses fonctions : Professeur de management de l'Université Laval (depuis 1968), Directeur du département de management (13 ans), Directeur d'ensemble des programmes de premier cycle en administration (6 ans), Maire de la Municipalité de Ste-Pétronille, I.O. (1993-2009), Préfet adjoint de la MRC l’Île d’Orléans (1996-2009). Il est présentement impliqué dans les organismes suivants : membre de l'Ordre des administrateurs agréés du Québec (OAAQ), membre du Comité des Prix et Distinctions de l'Université Laval. Il préside les organisations suivantes : Société Musique de chambre à Ste-Pétronille Inc. (depuis 1989), Groupe Sommet Inc. (depuis 1986), Coopérative de solidarité de Services à domicile Orléans (depuis 2019) Jacques Grisé possède également une expérience de 3 ans en gestion internationale, ayant agi comme directeur de projet en Algérie et aux Philippines de 1977-1980 (dans le cadre d'un congé sans solde de l'Université Laval). Il est le Lauréat 2007 du Prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) et Fellow Adm.A. En 2012, il reçoit la distinction Hommage aux Bâtisseurs du CAS. En 2019, il reçoit la médaille de l’assemblée nationale. Spécialités : Le professeur Grisé est l'auteur d’une soixantaine d’articles à caractère scientifique ou professionnel. Ses intérêts de recherche touchent principalement la gouvernance des sociétés, les comportements dans les organisations, la gestion des ressources humaines, les stratégies de changement organisationnel, le processus de consultation, le design organisationnel, la gestion de programmes de formation, notamment ceux destinés à des hauts dirigeants et à des membres de conseil d'administration.

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